LES MATIERES PREMIERES

L'EBONITE

Histoire et fabrication
L’ébonite ( nom dérivé de l’ébène ) est la rencontre de deux produits :
Le caoutchouc et le souffre.
Le production de caoutchouc au début du 20ème siècle connue un essor important ( multiplication X4 de la production mondiale entre 1900 et 1910 ) grâce notamment à l’émergence de plantations Asiatiques ( origine aujourd’hui d’environ 99% de la production ) venant concurrencer les plantations d’Amérique du Sud jusque là majoritaire ( Caoutchouc vient de Cao (bois) et Tchu ( qui pleure ) en quechua ! ).

Deux découvertes du siècle dernier révolutionnèrent l’industrie :

En 1841, l’américain Charles Goodyear et en 1842 l’anglais Thomas Hancock mirent au point le procédé dit de vulcanisation du caoutchouc.
Le caoutchouc naturel est de consistance liquide, pour le rendre plus solide on introduit du souffre ( de 30 à 50% de la masse ) en portant le mélange à haute température.Le dosage est primordial au regard de l’elasticité finale et de la durée de vie de l’ébonite.
Le produit fini est noir,brillant et luisant, supportant une température extérieure de 50°.
Il était en général livré en barres ou tubes.
Hormis son utilisation pour les stylos, des disques ( dits berliner ), des bouttons,des peignes,des bijoux, des instruments de musique....furent produits en ébonite.

Caractéristiques
L’ébonite est avant tout un produit extrèmement robuste ( utile parade contre les encres corrosives ), peu conducteur de chaleur ( limitant ainsi les risques de fuites liés à la chaleur de la main ) et non poreux ( dans les premiers modèles de stylos, le corps fait office de réservoir ).
Attention, l’ébonite n’aime pas la chaleur, la lumière et l’eau..en présence de l’un de ces éléments elle laisse échapper du souffre,devient matte et friable.La coloration olive que l’on rencontre sur les stylos anciens provient de l’oxydation du caoutchouc qui forme des oxydes de souffre et de l’acide sulfurique en présence d’humidité.
NE  JAMAIS UTILISER D’EAU !

A propos des stylos..
La majorité de stylos que vous pourrez rencontrer seront essentiellement de couleur noire (olive si légère décoloration) ou rouge brique  ( Ex Parker Duofold rouge brique introduit en 1921 ).Cependant, il existe des modèles en ébonite deux couleurs noire et rouge/bleu/vert/olive ( Ex Waterman Ripple, 1923, réponse de Waterman au Parker Duofold ).
Concernant les modèles noires, les fabricants mirent tout en œuvre pour lutter contre la morosité ! Comment ? Par l’utilisation de deux techniques :
1- En recouvrant tout ou partie du corps et du capuchon par des métaux
(or, argent.. )
Les modèles où l’on distingue le corps noir est souvent nommé filigree.
Les modèles entièrement recouverts sont souvent nommés overlay.
2- En imprimant sur l’ebonite des motifs géométrique ( barre,damiers…. ) , cette mode perdura après l’introduction du celluloid ( dans les années 20 ).

LE CELLULOID

L’histoire raconte que la découverte de cette matière est liée à 3 composants.  
- 
La guerre de sécession et un embargo sur l’importation d’ivoire naturelle.
-
Deux fortunés joueurs de billard frustrés par le précédent embargo qui  organisent un concours visant à récompenser le meilleur substitut de l’ivoire.
-
Un participant à ce concours : John Wesley Hyatt dont le frère,en 1870, parviendra à créer le celluloid ( essentiellement nitrate de cellulose+ camphre ) .
Par la suite, vers 1884, la paternité reviendra à un inventeur anglais,Alexander Parkes, qui, quelques années auparavant, avait procédé à des expériences similaires ( 1856 :Parkesine ).

Le celluloid est considéré comme la toute première matière plastique artificielle et est encore utilisée de nos jours dans la fabrication de balles de ping-pong par exemple.


Caractéristiques
Le celluloid est très robuste et peut-être facilement coloré.
Lorsque vous frottez un stylo en celluloid pour le polir, immédiatement se dégage une odeur de camphre.

ATTENTION!!
Le celluloid s’enflamme très facilement au contact d’une flamme… !
Si vous souhaitez séparer le bloc d’alimentation de la plume du corps d’un stylo en celluloid, il faut faire attention ( faire tremper le bloc dans de l’eau froide ou utiliser un sèche-cheveux ).
De même, pour certaines couleurs ( Ex vert jade ), il existe de vrais risques de décoloration du stylo, dans ce cas, il faut soit mettre en place un sac non nocif pour ce dernier soit ne pas l’utiliser !.

A propos des stylos..
Des l’apparition du celluloid, la couleur apparaît sur les stylos.
Dans les premiers temps, du nom de Permanite (Parker ) ou Radite
( Sheaffer ), la gamme sera peu étoffée ( jaune, noire, rouge, orange,
vert ).Une véritable bataille publicitaire sera orchestrée pour vanter la solidité ( Ex Parker lancera des stylos depuis un avion ou du haut de buildings ).

jade green sheaffer

Sheaffer flat top jade green

LA GALALITHE:Merci les vaches

Histoire et fabrication
L’histoire est étonnante parfois…dans l’Egypte ancienne des pharaons, la caséine (protéine du lait) jouait déjà un rôle important dans l’écriture comme fixateur pour les pigments d’encre sur les parchemins. Laissez une bouteille de lait à l’air libre pendant des semaines et vous comprendrez plus facilement pourquoi la non-détérioration de la caséine fut un véritable casse-tête pour créer cette matièreJ.
Comment remplacer les traditionnels tableaux et craies par des surface synthétiques effaçables ….en 1900 ! C’est en travaillant sur ce sujet que Krische (imprimeur allemand) et Spitteler (chimiste autrichien) déposèrent le premier brevet en 1889.
La touche finale sera apportée par le chimiste français Jean-Jacques Trillat qui découvrit le moyen d’insolubiliser la caséine en y ajoutant du formol (procédé par immersion), permettant ainsi la conservation de cette matière.
En résumé, dans un litre de lait il y a environ 30g de caséine, en ajoutant de formol et des colorants … vous obtenez de la galalithe.
Cette matière plastique sera présentée à l’exposition universelle de 1900 à Paris.

En France, la distribution sera assurée par la Compagnie Française de la Galalithe, à Levallois Perret. Le Jura sera l’une des régions qui la première utilisera cette matière pour fabriquer bon nombre de produits : boutons, stylos, bijoux, manches de parapluies…

Caractéristiques
La galalithe était disponible sous forme de rouleaux et de plaques. Sa porosité naturelle permettait aux fabricants de la teinter très facilement. Ne pouvant être moulée, elle requiert un important travail de polissage manuel ou mécanique pour être luisante. Sa capacité à imiter la corne, l’ivoire, lambre, l’écaille, le bois…la rendra célèbre.

L’apparition des matières plastiques et son coût provoqueront sa disparition.

A propos des stylos..
La plupart des fabricants de stylos utiliseront cette matière, Parker la rebaptisera Ivoirine. Lorsque l’on frotte un stylo en galalithe il dégage une odeur caractéristique. Certains diront à l’époque que par forte chaleur, un odeur de lait tourné se dégage (je ne l’ai jamais constaté).
La caséine a tendance à se détériorer dans le temps (sur une longue période), des craquelures peuvent apparaître et la couleur peut évoluer elle aussi. Je précise que sur les stylos modernes en caséine, ces problèmes sont inexistants car la technologie est passée par là.
Sur les anciens modèles, le souci majeur est lié à la porosité; en effet, en cas de fuite dans le sac d’encre, celle-ci peut se diffuser dans le corps du stylo et  le colorer.
Il est possible de polir manuellement un stylo en galalithe à condition d’utiliser une pâte non colorée. Les précautions de rangement sont les mêmes que pour les stylos en ébonite (à l’abri de la lumière, de la chaleur et de l’humidité).

 

 

galalithe

galalithe2

galalithe3

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